Une régate solidaire girondine, huit éditions, zéro site internet. En quelques semaines et sans budget de développement : site public, inscription régate multi-formules, billetterie du gala, animations et encaissement HelloAsso. Vibe codé avec Lovable et Claude Code.
Nexus 42 soutient le Trophée Estuaire Rose via le mécénat. La plateforme a été construite en mécénat de compétences, sans budget de développement côté association. C'est une exception assumée, sur une cause choisie, pas une offre commerciale.
Le Trophée Estuaire Rose est une régate solidaire organisée en Gironde, au profit des enfants fragilisés par la maladie ou en situation de handicap. Huit éditions, portées de bout en bout par des bénévoles. Pas de permanent, pas d'équipe technique, pas de ligne budgétaire pour du développement.
Et, en huit ans, aucune présence en ligne. Toute l'organisation tenait sur les canaux habituels du milieu associatif : le bouche-à-oreille, les clubs, les messages, les tableurs.
2026 est l'année du changement d'échelle. L'événement quitte les petits ports et les clubs de l'estuaire pour Port Médoc, au Verdon-sur-Mer , qui offre une vraie plateforme d'accueil pour les bateaux et les participants, et un plan d'eau d'une autre qualité. Avec ce déménagement, l'ambition passe du local au régional, à l'échelle du bassin atlantique.
L'objectif affiché pour cette édition : une centaine de bateaux et environ 500 participants , entre skippers, équipiers et convives du gala.
Autrement dit : une association sans budget technique devait passer de zéro outil à une plateforme d'inscription multi-produits, en quelques semaines.
Nexus 42 soutient le Trophée Estuaire Rose via le mécénat. C'est par ce lien, et non par un appel d'offres, que le projet commence.
Suite à des échanges entre Loïc et l'équipe de la régate, Vanessa et Christophe, un besoin de digitalisation émerge. L'événement grandit, s'ouvre au bassin atlantique avec le déménagement au Verdon-sur-Mer et accueille les dériveurs. Une association 100 % bénévole porte tout ça à la main, sans aucune présence en ligne.
Au départ, l'idée tient en un site internet vitrine : exister, communiquer, présenter l'événement. Très vite, les échanges font basculer le périmètre. La vraie question devient : comment le digital peut-il aider l'organisation de l'événement au sens large, inscriptions, encaissement, suivi des dossiers, relances, coordination des bénévoles ?
Un site vitrine ne réglait pas leur vrai problème. Nous proposons une plateforme.
La demande, c'était un site. Le besoin, c'était une chaîne d'inscription.
Une régate solidaire ne vend pas un produit. Elle en vend plusieurs en même temps, à des publics qui ne se ressemblent pas. Quatre formules coexistent dans le même parcours :
Et autour : la tombola, le vide-grenier, les initiations au yoga, la longe-côte, toutes les animations à terre qui font vivre la journée.
Chaque format a ses informations propres, ses règles et son tarif. Et derrière, ce ne sont pas des salariés qui traitent tout ça : ce sont des bénévoles, entre deux journées de travail.
Il y avait donc un travail que le site ne réglait pas : comprendre l'organisation réelle, formaliser les process, puis seulement les traduire en plateforme. Sans cette étape, on livre un formulaire, pas un outil.
Deuxième couche, moins visible : les organisateurs et les juges-arbitres ont besoin d'informations précises pour monter la compétition. Le nom du bateau tel qu'il est inscrit sur la coque, le type et le modèle, la catégorie de handicap national. La plateforme d'inscription est aussi, en réalité, l'outil de collecte de la donnée de course.
Un inscrit ne dispose pas, au moment où il se décide, de toutes les informations que la compétition exige. Demander la catégorie du bateau et la liste nominative des équipiers dès le premier écran, c'est perdre l'inscription.
Le parcours a donc été coupé en deux : bloquer sa place en soixante secondes , puis compléter son dossier à son rythme avant une date limite. C'est une décision d'organisation, pas une décision technique. Et c'est typiquement ce qu'aucun cahier des charges n'aurait produit sans être passé par la mise à plat des process.
Tout a été construit en vibe coding avec Lovable , épaulé par Claude Code . Aucune ligne écrite à la main, aucun prestataire de développement, aucun budget technique côté association.
Le choix n'est pas anodin dans un contexte associatif. HelloAsso est conçue pour les associations, sans commission prélevée sur les montants collectés, ce qui évite qu'une part des inscriptions parte en frais au lieu d'aller à la cause. Pour une structure bénévole, c'est aussi une brique déjà conforme et déjà connue de son écosystème : un point de moins à construire, et un point de moins à faire auditer.
C'est le point que nous retenons de ce projet, et il vaut bien au-delà du milieu associatif.
Le travail n'est pas dans la construction. Il est dans la collecte des besoins auprès de bénévoles qui n'ont jamais formalisé leur organisation, dans la mise à plat des process, et dans leur traduction en un parcours tenable pour quelqu'un qui découvre la page.
Le vibe coding n'a pas supprimé le travail. Il l'a déplacé du développement vers le cadrage. Ceux qui pensent que l'IA règle le sujet technique se trompent de sujet : elle règle le sujet technique, justement, et laisse tout le reste.
La plateforme n'a pas été codée à la main. Elle a été vibe codée par Nexus 42 : nous promptons dans Claude Code , qui pilote Lovable , vérifie le code produit, vérifie les parcours utilisateurs et réalise les tests. Lovable génère l'application, Claude Code l'orchestre. Pas une ligne écrite à la main.
Le plus long n'a pas été de construire. C'a été de croiser la donnée. Une inscription, ce n'est pas un formulaire : c'est un croisement. La formule choisie conditionne les champs affichés, le tarif, les informations exigées par les juges-arbitres, l'obligation de nommer les équipiers ou non, le gala ou pas, les animations à terre. Faire que tout ça s'enchaîne dans un parcours fluide, que la donnée atterrisse au bon endroit, que l'encaissement HelloAsso se déclenche au bon moment : c'est ce qui a pris du temps.
Nous avons ajouté des relances personnalisées automatisées : un inscrit qui bloque sa place sans compléter son dossier reçoit un rappel ciblé avant la date limite. Pas un mail générique : un rappel qui sait ce qu'il manque.
Le parcours d'inscription a été itéré jusqu'à mi-août. Pas un one-shot : un tunnel testé, cassé, réparé, retesté. C'est aussi ça, le vibe coding : la vitesse de correction remplace la perfection du premier jet.
Cinquante-cinq pages au total : 31 publiques, 17 d'administration, 7 d'espace personnel skipper. Vingt tables en base, dont une seule pour les inscriptions, avec 63 colonnes. Soixante et une migrations SQL, vingt-quatre fonctions serverless, dix-sept modèles d'email transactionnel avec les relances automatiques. Le paiement est branché sur HelloAsso, que nous n'avons pas redéveloppé. Plus de 300 itérations depuis le 26 mars.
La plateforme passe en ligne fin mai. Et les premières inscriptions tombent.
Pas une démonstration, pas un test : de vraies personnes, qui remplissent un parcours, qui paient, et dont l'inscription atterrit du bon côté. Le moment où l'on suit en direct ce que l'événement collecte pour la cause, alors que quelques semaines plus tôt il n'y avait rien du tout.
Voir les inscrits arriver, et pouvoir les accompagner dans leur parcours. Après huit éditions sans site.
Et puis il y a eu les noms. Voir Michel Desjoyeaux s'inscrire sur la plateforme. Le double vainqueur du Vendée Globe, à côté d'amateurs qui découvrent la régate. Quentin Vlamynck , skipper professionnel, vainqueur de la Transat Jacques Vabre, originaire du Verdon-sur-Mer, là même où se court la régate. Lalou Roucayrol , navigateur Class40. Trois skippers de haut niveau, inscrits par le même parcours que tout le monde, sur une plateforme vibe codée. Ça ne prouve pas que la plateforme est parfaite. Ça prouve qu'elle tient.
Il y a un second niveau de bascule : la démonstration qu'un projet de cette lourdeur et de cette complexité pouvait être mené de bout en bout en vibe coding. Ce n'était pas acquis au départ.
Cette page est publiée après la clôture des inscriptions habitables et rallye, pendant que les dériveurs restent ouverts jusqu'au 20 septembre. Les chiffres ci-dessous distinguent ce qui est vérifiable aujourd'hui de ce qui reste un objectif. Tout est contrôlable sur le site du Trophée Estuaire Rose .
Cette page sera mise à jour après l'édition des 3 et 4 octobre 2026 avec le nombre réel de bateaux, de participants et le montant collecté pour la cause.
Le cas est globalement positif, et c'est précisément pour ça qu'il faut dire ce qui a coincé.